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Dans le deux-pièces que je loue au premier, l’évacuation de la cuisine a lâché un vendredi soir : canalisation bouchée en aval du siphon, évier qui débordait, et deux heures plus tard un demi-mètre carré de stratifié gonflé plus une auréole au plafond du voisin du dessous. Facture du plombier : 310 €. Indemnisation de l’assurance sur ce dégât des eaux : 0 € sur le plombier, 640 € sur le sol et le plafond. Je m’attendais exactement à l’inverse.
Cette répartition n’a rien d’une exception : c’est la règle, et elle tient dans une phrase. La garantie dégât des eaux répare les dommages causés par l’eau, pas la canalisation qui les a causés. Tout le reste — le délai, le constat, la franchise, la vétusté — découle de cette frontière.
Cet article ne traite pas de qui paie le débouchage : c’est le sujet de l’article sur la colonne bouchée en immeuble et qui paie la facture, et les deux dossiers ne se mélangent pas. Il traite de ce que votre contrat prend en charge quand l’eau a déjà abîmé quelque chose. Si vous n’êtes pas encore certain de l’origine du refoulement, le diagnostic en six questions la détermine en deux minutes.
Ce que la garantie couvre, et ce qu’elle ne couvrira jamais
La garantie dégât des eaux figure dans tous les contrats multirisque habitation, et son périmètre est plus large qu’on ne le croit sur un point, plus étroit sur un autre.
Elle couvre les dommages matériels causés par l’eau. Le revêtement de sol, les plinthes, le bas de cloison, les peintures, le mobilier atteint, et les dommages causés aux tiers quand l’eau est partie chez un voisin. Un engorgement ou un débordement de canalisation entre dans ce cadre au même titre qu’une rupture de conduite : c’est écrit noir sur blanc dans la quasi-totalité des contrats, et les conditions d’indemnisation sont rappelées par service-public.fr.
Elle ne couvre pas la cause. Le dégorgement, le remplacement d’un tronçon d’évacuation, la reprise d’une pente ratée, le détartrage d’une colonne : ce sont des réparations d’installation, pas des dommages. Aucune garantie dégât des eaux ne les prend, et c’est pour cette raison que mes 310 € de plombier sont restés pour moi.
Elle finance la recherche de fuite. C’est la nuance que personne ne connaît et qui vaut parfois plus que l’indemnisation elle-même. Quand il faut sonder, passer une caméra ou ouvrir une cloison pour localiser l’origine, ce coût est pris en charge dans la plupart des contrats, y compris quand la recherche ne débouche sur rien. Si un professionnel vous propose une inspection caméra des canalisations dans ce contexte, demandez à votre assureur avant de la payer vous-même.
Un mot sur les exclusions qui reviennent le plus souvent, parce qu’elles ne sont pas toutes opposables de la même façon. Le défaut d’entretien et la vétusté caractérisée de l’installation sont les deux motifs de refus les plus invoqués : une canalisation dont l’entartrage était connu, signalé, et jamais traité, affaiblit sérieusement le dossier. Les dommages par infiltration par la toiture ou la façade relèvent d’autres garanties. Et les frais de recherche sont parfois plafonnés — un montant à vérifier dans les conditions générales, pas au téléphone.
Les 48 premières heures : ce qui se joue, et dans quel ordre
La déclaration a cinq jours ouvrés devant elle. Les dommages, eux, n’attendent pas : ce qui est encore sauvable à six heures ne l’est plus à soixante-douze, et c’est dans cet écart que se creuse la différence entre un dossier à 600 € et un dossier à 3 000 €.
Arrêter l’arrivée d’eau et photographier avant de nettoyer. Les photos horodatées, prises avant le premier coup de serpillière, valent plus que n’importe quel argument écrit ensuite. Photographiez l’étendue de l’eau au sol, le niveau atteint sur les plinthes, l’appareil en cause, et l’état du voisin du dessous s’il est touché.
Sécher, immédiatement et longtemps. C’est l’étape que tout le monde abrège, et celle qui coûte le plus cher quand on la rate. Un support encore humide sous un sol reposé regonfle, et l’assureur n’indemnise pas deux fois le même sinistre. Un séchage correct demande plusieurs jours de ventilation forcée, pas une après-midi de fenêtre ouverte.
Déclarer, même sans chiffrage. La déclaration ouvre le dossier et n’engage rien sur le montant. Elle se fait par téléphone, par l’application de l’assureur ou par écrit, et le délai de cinq jours ouvrés est un minimum fixé par le code des assurances, consultable sur Légifrance.
Remplir un constat amiable si un voisin est touché. Un seul document, signé des deux, qui décrit l’origine et les dommages constatés de chaque côté.
Déshumidificateur d'assèchement pour sécher avant de refaire
150 à 300 € à l'achat, 30 à 60 € par jour en locationC’est le seul achat qui se décide dans les premières heures, et la location se défend autant que l’achat pour un sinistre isolé. Trois critères comptent. La capacité d’extraction annoncée en litres par 24 h, à prendre autour de 20 L/jour pour une pièce sinistrée — en dessous de 10, l’appareil est un modèle d’appoint et mettra deux semaines. La présence d’une évacuation continue par tuyau, parce qu’un réservoir de 3 L se remplit en une nuit et qu’un appareil arrêté ne sèche rien. Et un hygrostat, pour qu’il s’interrompe seul une fois la pièce revenue à un taux normal, au lieu de tourner pour rien pendant une semaine. Ignorez les modèles à absorption passive, dont la capacité se compte en grammes, et les appareils silencieux de chambre, qui ne sont pas dimensionnés pour cet usage. Gardez la facture de location ou d’achat : les frais de séchage engagés pour limiter les dommages sont généralement remboursables, et c’est à vous de les justifier.
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D’où vient l’eau : six situations, six interlocuteurs
Tout le dossier dépend de deux questions, et de deux seulement : d’où l’eau est partie, et où elle a fait les dégâts. La grille ci-dessous croise les deux.
Schéma interactif
D'où vient l'eau, et qui indemnise quoi
Cliquez la case qui correspond à votre situation — ou parcourez la grille aux quatre flèches du clavier. L'origine s'allume sur la coupe.
← Glissez pour voir tout le schéma →
Situation retenue
Bouchon sur votre canalisation privative, dégâts chez vous
Le cas le plus simple
- Qui déclare
- Vous, à votre assureur multirisque habitation, dans les 5 jours ouvrés. Sous le seuil de 5 000 € HT, c'est votre propre assureur qui instruit le dossier et qui indemnise, sans se retourner contre personne.
- Le verdict
- La garantie dégât des eaux couvre les dommages — sol, bas de cloison, mobilier — pas le débouchage de la canalisation qui les a causés. Reste à votre charge la franchise, de 150 à 300 € dans la plupart des contrats, et la réparation du tuyau.
Avant toute réfection, il faut sécher : un sol reposé sur un support encore humide gonfle à nouveau, et l'assureur ne repasse pas deux fois.
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Le cas où l'on paie à tort de sa poche
- Qui déclare
- Chacun déclare à son assureur, et vous remplissez ensemble un constat amiable dégât des eaux. Sous 5 000 € HT, l'assureur de l'occupant touché gère et indemnise son assuré, sans recours contre vous.
- Le verdict
- Ne rien rembourser de la main à la main et ne rien promettre par écrit avant la déclaration. C'est la situation où les voisins s'arrangent entre eux pour 800 € que les deux contrats auraient pris en charge.
Deux dossiers distincts, à ne pas mélanger
- Qui déclare
- Vous, à votre assureur, même si la cause est commune : c'est l'assureur de l'occupant touché qui instruit sous 5 000 € HT. Et vous signalez le sinistre au syndic par écrit le même jour.
- Le verdict
- Votre contrat répare vos dommages. Le débouchage de la colonne, lui, est une dépense de copropriété qui se commande par le syndic — les deux ne se compensent pas et ne se négocient pas ensemble.
Un sinistre, plusieurs lésés
- Qui déclare
- Chaque occupant touché déclare de son côté, et le syndic déclare à l'assurance de la copropriété. Au-delà de 5 000 € HT, les assureurs reprennent leurs recours entre eux et l'assurance de l'immeuble entre dans la discussion.
- Le verdict
- Rien ne dépend de qui a appelé le plombier. Ce qui compte, c'est que le signalement écrit au syndic soit daté avant l'intervention, et que chacun ait son propre dossier ouvert.
Celui qui dépend vraiment du contrat
- Qui déclare
- Vous, à votre assureur, dans les mêmes 5 jours ouvrés. Le refoulement d'un réseau public est couvert par une partie des contrats au titre de l'engorgement, exclu par d'autres : c'est la clause à lire avant d'espérer quoi que ce soit.
- Le verdict
- Un recours contre le gestionnaire du réseau est possible s'il y a défaut d'entretien, mais il est long et rarement gagné sur un épisode isolé. Ce qui empêche la récidive, c'est un clapet anti-retour sur le branchement.
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Même cause, deux dossiers
- Qui déclare
- Le voisin touché, à son propre assureur. Votre responsabilité n'est pas en cause puisque l'eau ne vient pas de votre installation : vous n'avez rien à rembourser, mais vous avez tout intérêt à confirmer la cause par écrit.
- Le verdict
- Le constat amiable rempli à deux sert ici à documenter une origine extérieure aux deux logements. C'est ce document qui évite que le dossier soit instruit comme une fuite privative.
Dans les six cas : le délai de déclaration est de 5 jours ouvrés, et les photos horodatées prises avant tout nettoyage valent plus que n'importe quel argument écrit ensuite.
Trois choses méritent d’être soulignées, parce qu’elles vont contre le réflexe naturel.
Vous déclarez à votre assureur même quand la cause n’est pas chez vous. C’est le principe de la convention IRSI, en vigueur depuis 2018 entre les assureurs français et documentée par France Assureurs : pour un sinistre dont le montant reste sous 5 000 € hors taxes, c’est l’assureur de l’occupant touché qui gère et indemnise son assuré, quelle que soit l’origine. Attendre que la copropriété ou le voisin « fasse le nécessaire » est la meilleure façon de perdre un mois.
Un sinistre d’origine commune ne vous dispense pas d’écrire au syndic. Les deux démarches sont parallèles : votre assureur répare vos dommages, le syndic commande le débouchage de la colonne. Elles ne se compensent pas, et ne se négocient pas ensemble.
En location, les deux dossiers se dédoublent. Le locataire déclare à sa propre assurance habitation les dommages à ses biens et à ses embellissements, le propriétaire déclare à la sienne ceux du bâti. Le partage des réparations, lui, ne suit pas la même ligne que celui de l’assurance : le dégorgement d’une évacuation bouchée par l’usage est une réparation locative, un entartrage ancien ou une canalisation vétuste ne l’est pas, et l’ANIL détaille la frontière entre les deux. C’est le relevé d’intervention du plombier, s’il nomme la cause constatée, qui tranche la discussion.
Ne remboursez jamais un voisin de la main à la main. C’est généreux, c’est rapide, et c’est exactement ce que les deux contrats auraient pris en charge. Sous le seuil des 5 000 €, l’assureur du voisin l’indemnise sans se retourner contre vous : votre chèque ne fait que sortir le sinistre du circuit où il était couvert.
Ce que ça coûte réellement de remettre en état
Avant d’ouvrir un dossier, il vaut la peine de savoir si le jeu en vaut la chandelle. Sur un sinistre modeste, l’indemnisation nette peut passer sous la franchise, et déclarer n’apporte alors rien qu’une ligne dans votre historique.
Estimation
La remise en état, avant franchise et avant vétusté
Une fourchette, jamais un devis. Elle sert à comparer avec ce que l'expert propose, et à savoir si le montant dépasse la franchise.
Fourchette estimée
—
soit — €/m²
Ordres de grandeur de reprise courante : dépose, séchage, fourniture et pose, plinthes et reprise de peinture en bas de cloison. Hors mobilier, hors électricité, hors plafond du voisin.
Deux chiffres à poser à côté de ce résultat, parce qu’ils le rognent tous les deux. La franchise se situe autour de 150 à 300 € dans la plupart des contrats habitation, et elle s’applique par sinistre. L’abattement de vétusté s’applique ensuite sur les biens et les embellissements, sauf si votre contrat prévoit une indemnisation en valeur à neuf — une clause qui change tout sur un sol posé il y a quinze ans, et qu’il faut vérifier au moment de signer, pas au moment du sinistre.
Dans mon cas, les 640 € indemnisés tenaient compte des deux. Le poste le plus lourd n’était pas le stratifié mais la reprise du plafond du voisin, dont son propre assureur a instruit le dossier sans jamais me solliciter.
Faire sécher avant de refaire : les quatre options
Le séchage est le poste le plus bâclé d’un dégât des eaux, et le seul qui peut faire revenir le sinistre. Un sol reposé sur un support encore chargé regonfle en quelques semaines, une cloison refermée humide développe des moisissures, et l’assureur considère le second sinistre comme une conséquence de votre réfection, pas du premier dégât.
Comparatif
Comment sécher une pièce sinistrée
Quatre façons de faire, trois défendables. Le temps de séchage se compte en jours, jamais en heures, et il se vérifie avant de reposer quoi que ce soit.
Ventilation naturelle seule
0 €
- Avantage : Immédiat et gratuit
- Avantage : Suffit sur un carrelage et une flaque superficielle
- Limite : Inefficace sur un support poreux ou sous un sol collé
- Limite : Dépend de la météo : inopérant par temps humide
- Limite : Ne sèche pas une chape ni une cloison
À faire systématiquement, mais à ne jamais considérer comme suffisant dès qu'un revêtement a été mouillé par en dessous.
Déshumidificateur loué
Mon choix30 à 60 € par jour
- Avantage : Le bon rapport efficacité / coût sur un sinistre isolé
- Avantage : Appareil dimensionné pour un chantier, pas pour une chambre
- Avantage : La facture est une pièce justificative pour le dossier
- Limite : Il faut aller le chercher et le rendre
- Limite : Bruyant, et il consomme
L'option par défaut pour une pièce de 10 à 25 m² : trois à sept jours de machine, et un contrôle au terme.
Voir les modèles →Déshumidificateur acheté
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- Avantage : Rentable dès le deuxième épisode, et réutilisable en cave ou en garage
- Avantage : Disponible immédiatement, sans dépendre des horaires du loueur
- Limite : Capacité souvent inférieure aux modèles de location
- Limite : Encombrant à stocker
Se défend dans un logement déjà sujet aux refoulements, ou quand la location locale est chère ou lointaine.
Voir les modèles →Assèchement mandaté par l’assureur
pris en charge
- Avantage : Matériel professionnel et relevés de taux documentés
- Avantage : Aucune avance de frais
- Avantage : Le rapport de séchage sécurise la suite du dossier
- Limite : Délai de mise en place de quelques jours
- Limite : N'est pas proposé sur les petits sinistres
À demander explicitement dès la déclaration : si l'assureur l'accorde, c'est la meilleure option de la liste.
Humidimètre pour vérifier que le support est sec
20 à 40 €C’est l’achat qui transforme une impression en pièce de dossier, et il s’amortit sur un seul sinistre évité. Deux points comptent, et aucun n’est cher. Le double mode bois / matériaux, parce que la même valeur ne s’interprète pas du tout de la même façon sur une chape et sur une lame de parquet. Et la possibilité de relever une valeur de référence dans une pièce saine du logement : comme pour la température, c’est l’écart entre la zone sinistrée et une zone intacte qui est parlant, pas la valeur absolue. Les modèles à pointes marquent le matériau de deux petits trous, invisibles sous une plinthe ; les modèles capacitifs ne marquent rien mais lisent sur un à deux centimètres seulement. Relevez chaque jour au même endroit et attendez trois relevés stables avant de reposer quoi que ce soit. Notez les valeurs et les dates : c’est ce carnet qui vous servira si le sinistre réapparaît.
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Cinq idées reçues qui coûtent cher
Celles-ci reviennent dans toutes les discussions de palier, et chacune a déjà fait perdre de l’argent à quelqu’un.
Idées reçues · 5 affirmations
Cinq idées reçues sur l'assurance et le dégât des eaux
Tranchez avant de lire la réponse. Les deux dernières sont celles qui coûtent le plus.
1.Déclarer un dégât des eaux fait augmenter ma prime.
Réponse : faux
Un sinistre dégât des eaux isolé ne déclenche aucune majoration automatique : le système de bonus-malus n'existe qu'en assurance automobile. Ce qui joue, c'est la répétition — plusieurs sinistres rapprochés peuvent amener l'assureur à relever la franchise ou à résilier à l'échéance.
Sur un sinistre dont le montant net est proche de la franchise, le calcul mérite d'être fait avant de déclarer. Pas pour la prime, pour l'historique.
2.Si le bouchon est dans la colonne commune, je n'ai rien à déclarer.
Réponse : faux
L'origine commune ne change pas qui instruit votre dossier. Sous 5 000 € hors taxes, c'est l'assureur de l'occupant touché qui gère et indemnise, donc le vôtre. Le syndic, lui, commande le débouchage de la colonne : ce sont deux démarches parallèles qui n'attendent pas l'une l'autre.
3.L'assurance me remboursera le plombier venu déboucher.
Réponse : faux
La garantie dégât des eaux indemnise les dommages causés par l'eau, pas la réparation de l'installation qui les a causés. Le dégorgement reste à la charge de celui qui en a la responsabilité. Seule la recherche de fuite — sondage, caméra, ouverture pour localiser — est prise en charge dans la plupart des contrats.
Si le plombier a dû ouvrir ou sonder pour trouver l'origine, demandez une facture qui distingue la recherche du dégorgement : la première partie est défendable.
4.Je peux nettoyer et sécher avant que l'expert passe.
Réponse : vrai
Vous avez même l'obligation de limiter l'aggravation des dommages, et attendre une semaine les pieds dans l'eau jouerait contre vous. La condition est de tout documenter avant : photos horodatées de l'étendue de l'eau, du niveau atteint, de l'appareil en cause, et conservation des éléments retirés quand c'est possible.
Gardez les factures de location de matériel de séchage : les frais engagés pour limiter les dommages sont généralement remboursables.
5.Un clapet anti-retour, c'est l'assurance qui le finance après un refoulement.
Réponse : faux
Un clapet est une amélioration de l'installation, pas la réparation d'un dommage : il reste intégralement à votre charge. C'est pourtant le seul équipement qui empêche la récidive d'un refoulement venant du réseau public, et son prix est sans commune mesure avec celui d'un second sinistre.
Après deux refoulements documentés, certains assureurs conditionnent la poursuite de la garantie à sa pose. Autant le devancer.
Voir les clapets anti-retour →Prix et pose du clapet anti-retour →
La dernière mérite un développement, parce que c’est la seule qui transforme un dossier d’assurance en décision d’équipement. Un refoulement venant du réseau public n’a aucune raison de ne pas se reproduire : le réseau ne change pas, la pluie revient, et le second épisode arrive souvent dans les deux ans. Le détail du dimensionnement, du prix et des limites réelles de l’équipement est dans l’article sur le clapet anti-retour pour eaux usées, et les causes d’un refoulement récurrent dans celui sur l’eau qui remonte dans la douche et la machine à laver.
Ce qui ne sert à rien, et ce que ça économise
Faire chiffrer les travaux avant la déclaration. Deux ou trois devis obtenus en urgence le week-end ne servent à rien dans la procédure : l’expert chiffre lui-même, ou valide une facture. Le temps passé à les courir est du temps retiré au séchage.
Attendre l’expert pour tout. Sur un sinistre sous quelques milliers d’euros, il n’y a souvent aucune visite : le dossier se règle sur les photos et les factures. Un logement laissé humide trois semaines « pour que l’expert constate » est un logement où la moisissure s’installe, et ce second dommage se discute.
Faire un recours contre le gestionnaire du réseau public sur un épisode isolé. C’est long, il faut démontrer le défaut d’entretien, et le résultat est très incertain. L’énergie est mieux placée dans la lecture de votre propre clause de refoulement et, s’il y a lieu, dans la pose d’un clapet.
Acheter un détecteur de fuite connecté après un bouchon. Ces appareils signalent une fuite sous un évier ou derrière un lave-linge. Un engorgement, lui, se voit à l’œil nu dans la seconde où l’évier déborde : il n’y a rien à détecter. C’est le bon produit pour un autre problème.
Souscrire une garantie supplémentaire dans la panique. Une extension signée après le sinistre ne couvre pas le sinistre en cours. Ce qui se révise utilement au moment du renouvellement, c’est la franchise, la valeur à neuf sur les embellissements et le plafond de recherche de fuite — trois lignes, pas un contrat entier.
Et un geste qui, lui, ne coûte rien : conserver une trace écrite de chaque intervention de débouchage, avec la cause constatée. Un furet manuel passé deux fois par an sur une évacuation capricieuse ne vaut pas seulement pour la prévention — c’est aussi ce qui permet de démontrer qu’il n’y a eu ni défaut d’entretien ni vétusté négligée, l’exclusion la plus souvent invoquée. Les gestes et la périodicité utile sont détaillés dans le guide du débouchage en urgence.
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Faire intervenir un plombier et obtenir une facture exploitable
Pour un dossier d'assurance, la facture compte autant que l'intervention : elle doit nommer la cause constatée et distinguer la recherche du dégorgement. Décrivez votre situation, je transmets la demande à des professionnels de votre département.
C'est enregistré, merci
Votre demande part vers des professionnels de votre secteur. En attendant leur appel, gardez la règle en tête : faites annoncer le tarif de déplacement et le tarif horaire avant que quiconque ne se déplace.
Comment je choisis mes partenairesL’ordre dans lequel prendre le problème
Un dégât des eaux consécutif à une canalisation bouchée se traite presque toujours dans cet ordre, et les trois premières étapes se font le jour même.
Arrêter l’eau, photographier avant de nettoyer, puis sécher sans attendre — la ventilation forcée commence avant la déclaration, pas après. Déclarer dans les cinq jours ouvrés, sans chiffrage, en demandant explicitement si l’assureur mandate un assèchement. Remplir un constat amiable si un voisin est touché, et écrire au syndic le même jour si la cause est commune. Chercher dans les conditions générales les trois mots qui décident de tout : engorgement, refoulement, recherche de fuite. Et ne reposer aucun revêtement avant trois relevés d’humidité stables.
L’ordre inverse — appeler l’assurance, attendre, laisser sécher tout seul, reposer le sol en espérant — est celui que j’ai suivi la première fois. Il a coûté un second gonflement du stratifié huit mois plus tard, non indemnisé, parce que le dommage venait cette fois de la réfection et non du sinistre.
Les questions qu'on me pose le plus
L'assurance paie-t-elle le débouchage de la canalisation ?
Non, et c'est la source de malentendu la plus fréquente sur ce sujet. La garantie dégât des eaux d'un contrat multirisque habitation indemnise les dommages que l'eau a causés : le sol gonflé, le bas de cloison à refaire, le mobilier perdu. La réparation ou le dégorgement de la canalisation à l'origine du sinistre reste à la charge de celui qui en a la responsabilité — vous pour une évacuation privative, la copropriété pour une colonne commune. Un seul poste technique fait exception dans la plupart des contrats : la recherche de fuite, qui est prise en charge quand il faut sonder ou ouvrir pour localiser l'origine.
Quel est le délai pour déclarer un dégât des eaux ?
Cinq jours ouvrés à compter du moment où vous avez connaissance du sinistre. Le code des assurances fixe ce délai comme un minimum que les contrats ne peuvent pas réduire, et la quasi-totalité des contrats habitation le reprennent tel quel. Dans les faits, déclarez le jour même ou le lendemain : la déclaration ouvre le dossier, elle n'engage rien sur le montant, et un dossier ouvert tôt vaut mieux qu'un dossier bien argumenté tard. Le vrai risque du retard n'est pas le refus sec, c'est la contestation du lien entre le sinistre et les dommages.
Qui déclare quand l'eau d'une canalisation bouchée est descendue chez le voisin ?
Les deux, chacun à son propre assureur, et vous remplissez ensemble un constat amiable dégât des eaux. Depuis la convention IRSI, pour un sinistre inférieur à 5 000 € hors taxes, c'est l'assureur de l'occupant touché qui instruit le dossier et indemnise son assuré, sans exercer de recours contre vous. Au-delà de ce seuil, les assureurs reprennent leurs recours entre eux, et c'est là que la question de la responsabilité redevient discutée. L'erreur à ne pas commettre est de rembourser son voisin de la main à la main pour éviter la paperasse.
Mon contrat couvre-t-il un refoulement venant du réseau public ?
Cela dépend du contrat, et c'est la seule situation de cet article où la réponse n'est pas générale. Une partie des contrats couvre le refoulement et l'engorgement des égouts au titre de la garantie dégât des eaux, une autre l'exclut explicitement. La clause à chercher s'intitule généralement « refoulement de canalisations » ou « engorgement », dans les conditions générales. Si elle est absente ou exclue, un recours contre le gestionnaire du réseau reste théoriquement possible en cas de défaut d'entretien, mais il est long et rarement gagné sur un épisode isolé.
Que reste-t-il à ma charge, concrètement ?
Trois postes, et ils se cumulent. La franchise, de l'ordre de 150 à 300 € dans la plupart des contrats habitation. L'abattement de vétusté sur les biens et les embellissements, sauf si le contrat prévoit une indemnisation en valeur à neuf. Et la réparation de la canalisation elle-même, qui n'est pas un dommage mais une cause. Sur un sinistre modeste — un mètre carré de parquet et une plinthe — il arrive que l'indemnisation nette soit inférieure à la franchise : il faut le calculer avant de déclarer, pas après.
Locataire ou propriétaire : qui déclare et qui paie ?
Le locataire déclare à sa propre assurance habitation les dommages à ses biens et à ses embellissements, le propriétaire déclare à la sienne les dommages au bâti. Le dégorgement d'une évacuation bouchée par l'usage figure parmi les réparations locatives, donc à la charge du locataire. En revanche un entartrage ancien, un défaut de pente ou une canalisation vétuste relèvent du propriétaire, et l'ANIL détaille la frontière entre les deux. Un relevé écrit de l'intervention, précisant la cause constatée, est la pièce qui tranche la discussion.
La fiche « que faire avant d'appeler » en PDF
Les 12 vérifications à faire quand ça ne s'évacue plus, et les 6 questions à poser au téléphone pour ne pas découvrir la facture à la fin. Gratuit, plus un nouveau guide une à deux fois par mois.
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